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L’emploi, principale préoccupation des Français en 2010. Le refus d’une société sans avenir et sous perfusion répressive.

Par • 27 déc, 2010 • Catégorie: CITOYEN, EDITO

Le chômage et l’emploi arrivent en tête des préoccupations pour 74 % des Français en moyenne sur l’année 2010 (contre 75 % en 2009 selon le précédent baromètre). Une inquiétude plus marquée chez les 18-24 ans (81 %), les employés (77 %) et les ouvriers (82 %).

L’emploi, principale préoccupation des Français en 2010 selon une enquête La Croix, ci-dessous. Le refus d’une société sans avenir, sans emploi et sous perfusion répressive est une manière de rappeler combien, ses préoccupations n’ont jamais été prises en compte ou si peu. Le scandale autour de Pôle-emploi, devenu une office politique à broyer les hommes et femmes, qui croyaient y trouver une aide à leur désarroi, en est la preuve la plus emblématique. Toute cette énergie d’un président à poursuivre quelques gitans comme le rappelait E.Todd, à faire des lois répressives en pagaille, alors que le pays traverse une crise économique sans précédent, se paiera très cher. Car ici, on est au delà de la politique. Mais dans la politique spectacle, la fiction, le refus de voir la France telle qu’elle est, et qui ne veut pas mourir pour une minorité arrogante et aveugle, qui se refuse au combat de la guerre économique, de l’emploi, de l’imagination et de l’inventivité. Qui plus est, en relation étroite avec ceux que l’argent virtuel ont rendu esclave et qui ont peur de la Chine comme de leur ombre. Espérons, qu’une nouvelle génération émergera, avec des idées à hauteur d’homme et pas trop idéologiques, relativement désintéressées et qui feront pas de la conquête du pouvoir, l’alpha et l’oméga de toute vie, la pierre philosophale du chemin politique, mais un service rendu à d’autres hommes et femmes qui par ailleurs, le feront circuler comme citoyens citoyennes. Tout simplement. Autre enseignement et pas des moindres, la dernière place de l’écologie. Proposer une sorte de nouvel Eden, un homme nouveau comme l’écologie politique l’a fait, on sait où cela finit toujours. Laissant penser que les seules  pauvres, classes populaires, une bonne moitié des Français en supporterait le coût en plus de la crise, laisse dubitatif sur l’idéologie et la capacité de ce mouvement, pourtant nécessaire, à ne pas se transformer en son double, inquisiteur et aveugle.

L’emploi, principale préoccupation des Français en 2010

Selon les résultats du baromètre TNS Sofres-Covéa-La Croix à paraître mardi 28 décembre, l’emploi reste le sujet majeur d’inquiétude des Français en 2010, devant les questions de retraite et de la santé.

Le chômage et l’emploi arrivent en tête des préoccupations pour 74 % des Français en moyenne sur l’année 2010 (contre 75 % en 2009 selon le précédent baromètre). Une inquiétude plus marquée chez les 18-24 ans (81 %), les employés (77 %) et les ouvriers (82 %). Le financement des retraites, dont l’âge légal a été reporté de 60 à 62 ans cette année, est le second sujet de préoccupation pour 53 % des personnes interrogées, les Français les plus âgés étant les plus inquiets (54 % des 50-64 ans, 60 % des plus de 65 ans).

LA SANTÉ EN TROISIÈME POSITION

En troisième position, la santé et la qualité des soins constituent une source d’inquiétude pour 52 % des Français (55 % des 50-64 ans, 56 % des plus de 65 ans), alors que le gouvernement compte s’atteler à la réforme de la dépendance. Parmi les autres sujets de préoccupation figurent aussi l’école et l’enseignement (41 %), la thématique de l’environnement et de la pollution (36 %) et la sécurité des biens et des personnes (22 %).

Le baromètre est réalisé chaque mois par TNS Sofres auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française, en face-à-face au domicile des personnes interrogées, selon la méthode des quotas.

Le chômage et l’emploi sont restés en 2010 les principaux soucis des Français

Cette année restera marquée par des records d’inquiétude dans deux domaines : le financement des retraites d’une part, l’école et la qualité de l’enseignement d’autre part

Réalisé pour La Croix et Covéa Finance , le baromètre TNS Sofres des préoccupations des Français le confirme : la France est inquiète.

L’indice d’inquiétude, qui synthétise l’ensemble des préoccupations des Français à chaque vague du baromètre, se situe à 64. Ce qui constitue une très légère amélioration par rapport à 2009, où il avait atteint 66, mais reste loin des niveaux des trois premières années du baromètre, entre 2004 et 2006, quand l’indice ne dépassait pas un niveau de 60.

« De plus, les résultats semblent globalement moins volatils qu’en 2009, témoignant de l’ancrage profond des angoisses des Français, qui sont désormais moins liées aux événements conjoncturels », souligne Mathieu Gallard, chargé d’études à TNS Sofres.

Le chômage, principale préoccupation des Français

« Année anxiogène », 2010 a toutefois été sans grand bouleversement par rapport à 2009. Le chômage et l’emploi restent, et de loin, les principales préoccupations des Français : entre 70 et 76 % de citations selon les mois, pour une moyenne de 74 % sur l’année (75 % en 2009).

Il s’agit bien entendu des conséquences de la crise apparue à l’automne 2008. Depuis 2007, deux phases ont ainsi marqué l’évolution des inquiétudes des Français.

Dans un premier temps, l’élection de Nicolas Sarkozy a accompagné l’émergence de la thématique du pouvoir d’achat, préoccupation qui atteint son plus haut niveau historique en juillet 2008 (64 %), le chômage et l’emploi atteignant parallèlement leur plus bas niveau historique (57 %).

Dans un second temps, avec la crise, « le thème de la lutte pour le pouvoir d’achat quitte le devant de l’agenda politico-médiatique au profit de la lutte contre le chômage et des débats entre tenants de la relance et de la rigueur », analyse Mathieu Gallard.

Les retraites à la deuxième place

L’année écoulée comporte toutefois ses spécificités. La réforme des retraites a ainsi porté la question du financement des retraites à la deuxième place des préoccupations des Français (53 % en moyenne sur l’année contre 45 % en 2009), avec un record de 58 % en août et en octobre, en plein mouvement social.

La fin de ce dernier voit toutefois un recul de cet enjeu, qui termine l’année à un niveau « plus classique » de 49 % en décembre.

« Une inquiétude sur l’avenir des jeunes »

Les inquiétudes sur l’école et l’enseignement ont également atteint leur plus haut niveau historique en novembre dernier, à 47 %.

« Ce record est sans doute lié aux blocages des établissements et à l’inquiétude sur l’avenir des jeunes qui se sont manifestés pendant le mouvement social sur les retraites, associé aux mécontentements latents engendrés par les nouvelles suppressions de postes annoncées par le gouvernement », décrypte Mathieu Gallard.

La santé gagne des places en fin d’année

Autre remontée en fin d’année : les inquiétudes sur la santé et la qualité des soins (57 % en novembre contre 52 % en moyenne sur 2010).

« L’annonce de mesures visant à réduire le déficit de l’assurance-maladie et la hausse du prix des mutuelles en septembre, suivies de la mise à l’agenda politique par le gouvernement du dossier de la dépendance peuvent expliquer cette augmentation, poursuit le sondeur. Plus structurellement, cette remontée semble liée à la décrue des inquiétudes sur les retraites, les Français dirigeant leurs inquiétudes vers un secteur sur lequel le gouvernement pourrait entamer ses prochaines réformes. »

L’insécurité suscite un sursaut d’inquiétude en août

Enfin, la sécurité des biens et des personnes reste la huitième préoccupation des Français (22 % en moyenne), malgré un sursaut d’inquiétude passager en août (29 %), niveau inégalé depuis novembre 2006, « sans doute lié à la fois aux émeutes ayant eu lieu à Grenoble et à la réponse sécuritaire adoptée par la majorité, avec notamment le discours de Nicolas Sarkozy et les expulsions de Roms ».

L’environnement en chute libre

La thématique de l’environnement et de la pollution poursuit, elle, son érosion : elle est passée de 39 % en janvier à 33 % en décembre 2010, après un pic en septembre 2009 (47 %).

Nicolas Sarkozy et les 4 618 600 chômeurs

Bravo, les artistes de la communication gouvernementale qui ont rendu publics les chiffres du chômage le 24 décembre ! Qu’il soit à l’Elysée, à Matignon ou au ministère du travail, l’auteur de cette brillante idée mérite un coup de chapeau.

Au moment où bon nombre de Français enfournaient dinde ou chapon, débouchaient une bonne bouteille et empaquetaient fébrilement les derniers cadeaux, nul doute qu’ils auront eu l’oreille moins attentive à l’évolution du marché de l’emploi.

Nul doute, également, que la publication de ces chiffres en toute fin de mois, comme d’habitude, aurait désagréablement parasité les voeux de fin d’année du président de la République. Mais cette petite habileté masque mal un cruel aveu d’impuissance : contrairement aux discours récurrents de nos éminences, en effet, le nombre des sans-emploi continue à augmenter.

Oublions les engagements de campagne de Nicolas Sarkozy, en 2007 : il se faisait fort de ramener le chômage à 5 % de la population active. La crise est passée par là. Dont acte. Mais beaucoup plus récemment, le 25 janvier à la télévision, il se risquait bravement à des prévisions optimistes : « Le chômage va baisser dans les semaines et les mois qui viennent. » Fin août encore, sur la base de statistiques ponctuelles et partielles, la ministre de l’économie, Christine Lagarde, se réjouissait des perspectives de « stabilisation ».

Nous en sommes loin, comme en témoignent les données publiées ce 24 décembre par le ministère du travail. Elles sont aisément consultables sur son site Internet. A fin novembre, l’on comptait 2 698 100 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A, c’est-à-dire des personnes sans emploi tenues de faire des actes positifs de recherche d’un travail. Ce chiffre a progressé de 2 % depuis novembre 2009, après avoir flirté avec la barre des 2 millions au printemps 2008.

Il s’y ajoute 1 321 000 personnes classées en catégories B et C, qui ont une « activité réduite » (plus ou moins 78 heures par mois) mais recherchent un emploi et doivent en faire la preuve. Soit un total de 4 019 100 demandeurs d’emploi de catégories A, B et C, en hausse de 5 % depuis un an. Parmi eux, signalons en passant l’explosion des chômeurs « seniors » de plus de 50 ans (750 000, +16 % en un an), ainsi que des chômeurs depuis un an ou plus (1,5 million, + 21,5 %) ; et, pour être honnête, la baisse de 4 % des jeunes de moins de 25 ans en quête d’emploi.

En outre, 599 500 personnes (+ 16 % en un an) relèvent des catégories D et E : elles sont inscrites à Pôle emploi mais, pour diverses raisons (maladie, formation, contrat aidé, etc.), ne sont pas tenues de faire des actes positifs de recherche d’emploi. Fin novembre, l’ensemble des inscrits à Pôle emploi s’établit donc à 4 618 600 personnes, en hausse de 6,6 % en un an. Pour mémoire, la « population active », ayant ou non un emploi, est actuellement de 28,2 millions de personnes.

Encore ces chiffres ne concernent-ils que la France métropolitaine : pour être complet, il convient de ne pas oublier les 253 100 demandeurs d’emploi des départements d’outre-mer, qui ne sont mentionnés par le ministère que du bout des lèvres. Il est vrai que si on les ajoute à l’addition, on approche dangereusement de la barre des 5 millions.

Celle-ci est évidemment dépassée si l’on tient compte des chômeurs « invisibles », qui ne sont pas ou plus inscrits à Pôle emploi, souvent découragés par des radiations pour raisons administratives ou « autres » qui sont tout sauf marginales (plus de 100 000 durant le mois de novembre).

Désolé d’infliger au lecteur cette avalanche statistique. Trop souvent occultée ou presque banalisée tant elle paraît inéluctable, elle en dit malheureusement beaucoup plus que bien des commentaires sur la réalité du pays et sur la défiance générale à l’égard des gouvernants.

Selon toutes les enquêtes récentes, en effet, les Français placent largement en tête de leurs préoccupations la lutte contre le chômage et l’amélioration du pouvoir d’achat. Sur le premier point, on vient de le constater, les belles paroles présidentielles ou ministérielles sont tout sauf convaincantes et les perspectives guère encourageantes.

Sur le second point, il suffit de se reporter au dernier – et ultime – rapport du Médiateur de la République, avant sa disparition au profit du Défenseur des droits. S’inquiétant des fragilités de la société française, de l’angoisse croissante du déclassement ou des ravages du surendettement, Jean-Paul Delevoye, qui est tout sauf un gauchiste mais plutôt ce qu’on appelait autrefois un gaulliste social, déclarait sans ambages : « J’estime à 15 millions le nombre de personnes pour lesquelles les fins de mois se jouent à 50 ou 100 euros près », soit un bon tiers des Français adultes.

Dans ces conditions, et même si ce n’est pas très glorieux, on comprend que le président de la République ait préféré glisser les mauvaises nouvelles du chômage entre le sapin et les agapes de Noël, tant elles témoignent de son impuissance.

D’autant que, pour le reste, son bilan 2 010 n’est pas reluisant : une déroute de son camp aux élections régionales du printemps ; un gouvernement plombé, à l’été, par les sévères conflits d’intérêts de l’affaire Woerth-Bettencourt ; d’inquiétants dérapages estivaux sur les Roms ; une réforme des retraites, à l’automne, qui ne démontre sa détermination qu’au prix d’une amertume et d’un ressentiment durables dans le pays ; un remaniement qui a cruellement mis en lumière l’affaiblissement de son autorité, face au premier ministre et à sa majorité ; enfin, ces derniers temps, la résurgence vindicative d’un Front national qu’il croyait avoir neutralisé il y a trois ans.

Nicolas Sarkozy n’a jamais douté de pouvoir renverser des montagnes. Celles qui l’attendent en 2011-2012 paraissent pourtant de plus en plus infranchissables. Reste à la gauche – aux socialistes en particulier – à démontrer qu’elle ferait mieux, ce dont elle n’a toujours pas convaincu les Français.

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